1

Le problème de l’eau dans la Métropole de Montpellier

« L’expérience est une lanterne qui n’éclaire que celui qui la porte »
Confucius

L’eau sous trois états : nuages (gazeux : vapeur), océan (liquide, salée), iceberg (solide : glace)

L’eau est une denrée abondante sur la planète, présente depuis les temps géologiques les plus reculés, sous ses trois formes : solide, liquide et gazeuse. C’est une ressource indispensable à la vie dont elle a été le berceau sous sa forme marine. La vie a pris naissance dans les océans. Nos océans et mers actuels sont salés et l’eau qu’ils contiennent n’est pas directement utilisable pour entretenir la vie terrestre. Nous ne pouvons pas boire cette eau salée, elle n’est pas potable, elle est toxique à forte salinité. Nous ne pouvons pas utiliser cette eau pour irriguer nos cultures, elle stérilise les sols lentement mais sûrement si elle n’est pas lessivée par la pluie. L’humanité est donc principalement dépendante des ressources en eau douce, l’eau non salée. Or, ces ressources sont en quantité limitée selon les endroits du globe où on se trouve : l’eau douce de la planète est également très inégalement répartie.

Nous sommes au bord de la Méditerranée, sous un climat méditerranéen. Nous sommes dépendants des précipitations

Les pays de la méditerranée

(pluies, brouillards, neige, etc.) qui alimentent nos fleuves et rivières. Le climat méditerranéen de notre région, dans sa forme canonique, est un type de climat appartenant à la famille du climat tempéré (ou « tempéré chaud » ou « subtropical de façade ouest », selon les considérations), qui se caractérise par des étés chauds et secs et des hivers doux et humides.

La perturbation du climat appelée aussi changement climatique modifie cette définition canonique et on voit apparaître des étés de plus en plus chauds, caniculaires, et des hivers plus ou moins doux mais secs avec des épisodes pluvieux rares mais violents dits « cévenols ». Les ressources en eaux douces souterraines surexploitées s’appauvrissent. Nous allons passer en revue l’état de ces ressources sous l’angle de l’alimentation humaine et de l’agriculture et de leur provenance et surtout ce que devient le déchet que constituent les eaux usées, principalement celles résultant de l’activité humaine dans les villes.

1         Les ressources en eau douce potable

La ressource en eau douce potable doit d’abord être prélevée dans l’environnement, vérifiée, traitée-potabilisée et stockée. Sa consommation (usage) en fait un déchet.

1.1     Prélèvements

La métropole de Montpellier tire ses ressources en eau principalement de la Source du Lez (selon le site

https://www.montpellier3m.fr/vivre-eau/eau-potable#:~:text=La%20principale%20ressource%20du%20territoire,31%20communes%20de%20la%20métropole.

Nous citons « Cette source assure l’alimentation en eau potable de 92% de la population sur les 13 communes gérées par

Source du Lez : vue de la salle du captage souterrain

la Régie et de 74% de la population des 31 communes de la métropole ». Il existe « une alimentation de secours en provenance du Bas Rhône Languedoc. » [BRL]. Il existe en plus « 8 forages locaux sont situés sur les communes de Grabels (forages du Château et Pradas), Montferrier-sur-Lez (forages de Fescau et La Pidoule), Saint-Brès (forages du Stade et des Olivettes), Sussargues (forage des Garrigues Basses) et Villeneuve-lès-Maguelone (captage du Flès) ». Le stockage de l’eau est assuré par 31 réservoirs.

1.2     Le traitement

Le traitement est assuré principalement par (nous citons la brochure « l’eau en toute transparence ») :

  • Entrée de la station Arago

    1 installation de traitement de l’eau potable, l’usine Arago de Montpellier.

  • La station de Vauguières, gérée par la Communauté d’Agglomération du Pays de l’Or, qui alimente directement les communes de Lattes et Pérols.
  • L’usine de potabilisation du Crès, propriété de la compagnie BRL, qui assure une partie de l’alimentation en eau potable du Crès, de Jacou et Vendargues.

Les citoyens propriétaires d’immeubles de ces communes acquittent, en principe, la taxe d’assainissement collectif. Cette taxe est valable pour ceux qui sont reliés au réseau collectif de recueil des eaux usées. Ceux qui ne sont pas raccordés (une minorité) doivent disposer d’une installation d’assainissement individuelle (fosse septique ou mini-station d’épuration et réseau d’épandage, etc.). Ils acquittent une taxe auprès du SPANC. Ces taxes sont payées au prorata du volume d’eau consommée et collectées par le distributeur d’eau potable.

Donc, nous payons pour consommer de l’eau douce potable qui arrive dans nos robinets. Nous payons pour que cette eau qui retourne souillée, usée, etc., soit rendue à la nature sous une forme réutilisable. Nous payons pour la collecte de ce déchet et son assainissement avant restitution. Cette restitution se fait traditionnellement dans les milieux aquatiques (cours d’eau, mers, océans, etc.) à travers une collecte dans des réseaux dits d’« évacuation ». Nous dirons de collecte.

1.3     Les eaux usées à Montpellier-Métropole

L’eau usée résulte de l’usage humain domestique et industriel des eaux potables.

1.3.1        Collecte des eaux usées

Après collectes urbaines (assainissement collectif), les eaux usées sont dirigées vers les stations d’épuration (STEP) ou d’assainissement. L’assainissement permet de (nous citons MMM) :

  • préserver la qualité des milieux aquatiques (rivières, étangs, littoral) et par conséquent,
  • de protéger les ressources en eau potable,
  • mais aussi d’assurer une protection sanitaire des populations, des eaux de baignade et des zones d’activités liées à l’eau.

1.3.2        Qualification des eaux usées

La législation fait état de trois types d’eaux usées (nous citons MMM) :

  • Les eaux usées domestiques proviennent des différents usages domestiques de l’eau : lessive, cuisine, salles de bains, WC…
  • Les eaux industrielles peuvent contenir des produits toxiques (solvants, métaux lourds, micropolluants organiques etc.) et doivent subir un prétraitement de la part des industriels avant d’être rejetées dans les réseaux de collecte.
  • Les eaux pluviales, qui proviennent des pluies, sont évacuées selon un réseau distinct de celui des eaux usées dans la totalité des communes de la Métropole, à l’exception du centre ancien de Montpellier qui a un réseau dit « unitaire ».

Nous citons MMM :

« Les eaux usées sont évacuées selon différents réseaux :

  • Les réseaux unitaires évacuent dans les mêmes canalisations les eaux usées domestiques et les eaux pluviales. Présent dans le centre ancien de Montpellier, ils nécessitent de tenir compte des brutales variations de débit des eaux pluviales dans la conception et le dimensionnement des collecteurs et des ouvrages de traitement.
  • Les réseaux séparatifs collectent uniquement les eaux usées domestiques dans un réseau. Ce système a l’avantage d’éviter le risque de débordement d’eaux usées dans le milieu naturel lorsqu’il pleut. Il permet de mieux maîtriser le flux et sa concentration en pollution et de mieux adapter la capacité des stations d’épuration. »

Il nous faut apporter un léger correctif. C’est l’ancienne ville de Montpellier qui a un réseau unitaire et non le centre ancien. Le passage des lignes de tramway a obligé le long des lignes à construire de réseaux séparés pour les eaux pluviales. Ce qui est vertueux. Mais qu’en est-il des réseaux séparés qui aboutissent à un réseau unitaire ? La STEP de Montpellier, MAERA, est alimentée par des eaux de pluie (EP) mêlées aux eaux usées domestique (EUD). Seuls les nouveaux quartiers récents au sud de la ville seraient équipés en séparatif. La question que nous posons est où est l’exutoire des EP ? Nous avons pu constater qu’en période d’épisodes pluvieux dits « cévenols », la STEP Maera était envahie par une crue provenant du réseau en amont (ville) et ouvrait ses « by-pass » vers la mer et le Lez. Pourquoi s’intéresser à la STEP Maéra ? C’est la plus importante. Il conviendrait de faire le point sur ce que reçoit exactement cette STEP, point de convergence du secteur centre (1.150 km de réseau de collecte prévus).

1.3.3        Les STEP de MMM

L’histoire de MMM nous apprend que le Président de l’Agglo de Montpellier à décrété la suppression des stations d’épuration communales et le regroupement des communes autour d’un nombre réduit de stations modernisées, schéma directeur approuvé le 21 décembre 2004. Nous citons :

« Afin de mettre toutes les communes à un niveau d’équipement et de qualité de service comparable, Montpellier Méditerranée Métropole a lancé il y a 10 ans le Schéma Directeur d’Assainissement, un programme d’investissement d’un montant total de 312,3 millions d’euros. »

Ce schéma s’est accompagné de l’unification des taux de taxation de l’assainissement. Quant à l’efficacité des traitements, en 2022, soit 18 ans après et les exutoires des stations, station par station, secteur par secteur. Nous ne traiterons que le cas de la plus importante STEP, Maéra.

2         La STEP Maera

Vue aérienne de Maéra (ex Cerereide)

Nous prenons pour point focal de la présente étude la STEP Maera, point de convergence des secteurs Centre et Est. Nous avons une étude critique de cette STEP réalisée par « Captain Jack » (Jacques Pelorce, Ingénieur TPE spécialisé en hydraulique, membre d’une association membre de CAPNUBAM, conférence donnée lors d’un Café citoyen à Montpellier en 2005).

Résultat de la modernisation de la Cérereide obsolète et polluant le Lez, Maéra est ciblée dans le Schéma directeur par son extension et la construction d’un émissaire de rejet en mer pour un coût initial de 182 M-€uros. Le rapport d’activité du délégataire (VEOLIA, 2019) fait état de 422.369 habitants desservis et 32.152.399 m3 traités. Un document émis à l’occasion du XIIe World Water Congress (2008) fait état de 14 communes desservies sur les 31 de la Communauté d’agglomération (l’Agglo). Dès le début du projet, en 2005, un collectif d’associations de défense de la baie d’Aigues-Mortes dénonçait ce projet et ses performances annoncées (voir ci-dessus, 2005, et ci-après).

2.1     Les performances dénoncées

Maéra : annonce des travaux de l’émissaire en mer

Le 28 mai 2005, la conférence de Captain Jack dénonçait « un traitement maximum de 90% des polluants » dans sa conférence, donc pas de traitement à 100% des effluents. Il dénonçait aussi « un déversement de 113.000 m3/jour, 1,5 m3/s (41,3 M-m3/an) contenant entre autres, des matières en suspension (3,5t / jour de MEST), des DBO et des DCO (ces deux-là appauvrissent le milieu en oxygène), plus des ions de composés azotés, phosphore, médicaments humains rejetés avec les selles, PCB, etc. Sans compter une impressionnante quantité de germes coliformes. Cette pollution portée par de l’eau non-salée ne se mélangera pas à l’eau de mer et remontera à la surface avec ses polluants, dérivant au gré des vents

dominants. ». Les 10% de polluants MEST-DBO-DCO restants vont polluer la Méditerranée (3,5 T/jour soit 1,277 T/an). Ce n’est pas innocent, sans compter une impressionnante quantité de germes coliformes au rang desquels Escherichia coli (germe coliforme).

Sur 365 jours de fonctionnement, on calcule 41.245.000 m3 d’eau(un maximum selon CAPNUBAM) ce qui est de l’ordre de grandeur de ce qui a été traité en 2019 (à moins 9.092.601 m3 près pour 2019 selon les chiffres publiés).

2.2     Nous disons un énorme gaspillage d’eau douce

Nous avons bien entendu, en 2005, 41 millions de m3 annuels maximum d’eau, nous avons bien lu le rapport de

La bouée au large de Palavas maquant la sortie en mer de l’émissaire

l’exploitant 32 Millions de m3 d’eau traités et déversés. Déversés où ? Au large de Palavas les Flots, à 10 km de la pointe de l’Espiguette et de Frontignan, en plein golfe d’Aigues-Mortes. De l’eau épurée à 90% envoyée en mer pas un tuyau (émissaire) de 20 km de long dont 12 km en mer, 4,5 km en milieu lagunaire, d’un diamètre de 1,60 m (on peut presque y tenir debout). Sur le budget de 182 M€uros de l’ensemble Maéra-émissaire le coût de l’émissaire est publié à 33,5 M€. Il sera finalement d’environ 66 M€, en fin de travaux.

Précisons que, d’après le document de l’enquête publique, c’est « Le Conseil Supérieur d’Hygiène Publique de France, saisi par le Préfet [Idrac], [qui] prescrit la solution d’une station unique avec émissaire et rejet en mer » ! Inoui, incroyable mais vrai : un conseil supérieur d’hygiène publique national qui prescrit le rejet en mer !?

Début des travaux de la section maritime de l’émissaire

Il s’agit là d’une énorme gabegie d’eau douce usée, certes (et de fonds publics), qui pourrait être réutilisée en agriculture après avoir subi une épuration plus poussée en sortie de la station avec création de jardins filtrants à base de plantes lagunaires (joncs, roseaux, etc.). Avec le changement climatique et les épisodes de sécheresse constatés de plus en plus fréquemment, notre agriculture aurait le plus grand besoin d’eau douce : 32 Mm3 envoyés en mer feraient le plus grand bien à nos agriculteurs.

Il convient de la traiter convenablement afin d’en faire un produit recyclé, réutilisable, en vue d’irriguer les cultures locales. Ce qui est parfaitement possible comme nous allons le voir ci-après. Nous changeons de paradigme, nous entrons en économie circulaire.

2.3     La réutilisation de l’eau bien épurée

Illustration de l’économie circulaire

Trente-deux millions de mètres cubes d’eau gaspillés en 2019, combien en 2020, 2021 et 2022 ? Le 2 septembre 2019 nous adressions par écrit nos observations au Président de la Commission d’Enquête d’Utilité publique sur la prétendue modernisation de la STEP Maéra. Il y avait clairement affiché, sous couvert de modernisation une augmentation de la capacité de plus 190.000 EH (équivalents habitants). Nous avons cité le comparatif réalisé par CAPNUBAM avec la station de Caen-la-Mer. Cette STEP scientifiquement conçue n’a pas eu besoin d’émissaire en mer mais rejette ses effluents stérilisés dans des jardins filtrants déversant de l’eau de qualité baignade dans la rivière l’Orne. Il faudra tout de même évaluer l’importance des résidus médicamenteux dans ces eaux, leur impact agronomique et leur épuration éventuelle.

Nous pourrions rêver d’une STEP Maéra équipée de lampes UV en sortie pour éliminer les bactéries et se déversant dans une zone humide artificielle ou naturelle aménagée. Il sera possible de réutiliser une partie terrestre de l’émissaire vers des lagunes d’eau douce équipées de jardins filtrants et stockant la précieuse ressource en eau douce récupèrée en vue de l’agriculture. Un pompage pourrait se faire dans le Lez, vers l’amont, suppléant ainsi aux apports du canal Bas-Rhône-Languedoc (BRL) pour maintenir l’étiage du Lez ! Ce pompage remplacerait les apports du canal BRL, apport payant qui pèse sur les finances de la métropole. De plus, on sait que cette eau, en provenance du Rhône, va en se raréfiant : l’alimentation en eau à l’amont de ce fleuve, du fait des changements climatiques, diminue surtout en été et peut se révéler nocive-toxique à la longue !

Il convient de ne pas perdre de vue qu’une partie importante de l’eau du Rhône sert au refroidissement d’une importante centrale nucléaire qui deviendra un jour prioritaire dans son alimentation en eau.

3         Ne pas abuser de l’irrigation

Les associations de défense de l’environnement signalent qu’en l’état des choses l’irrigation agricole impacte les milieux naturels aquatiques et par là le changement climatique. L’irrigation des vignes concerne dans notre région (plaines du Languedoc-Roussillon) pour plus de 220.000 Hectare (FNE : France-Nature-Environnement septembre 2021). Il y a un transfert d’eau interbassins, du Rhône notamment. D’importantes quantités sont prélevées dans les cours d’eau (canal Bas-Rhône – Languedoc – BRL) et manquent ailleurs (Camargue notamment). Selon FNE, la prise d’eau du BRL est autorisée à 75 m3/s ce qui en période d’étiage représente 15% du débit du Rhône (-500 m3/s à Beaucaire). Les prévisions pour 2060 sont pessimistes avec une réduction du débit du Rhône de -30%. La ressource BRL n’est pas illimitée.

3.1     Salinité des eaux du Rhône

Le Rhone en plein débit non loin de la prise du canal BRL

Les eaux du Rhône contiennent une quantité de chlorure de sodium, entre autres. Une station de suivi en ligne a été installée sur le Rhône, en aval de l’agglomération lyonnaise, les analyses sont inquiétantes (Station de suivi de la qualité des eaux du Rhône, Novatech 2010). Il serait intéressant de connaître la teneur récente, en chlorure de sodium et autres substances, des eaux à la prise de Beaucaire-Tarascon, surtout en période d’étiage. Nous ne disposons que d’une étude ancienne « Problèmes posés par la salinite des eaux du Rhône et de la Saône » (Mission technique d’étude de l’eau Rhône-Méditerrannée-Corse, sa10-67-001, 1967). L’eau d’irrigation, en période d’étiage peut se révéler toxique à long terme et aboutir à la salinisation des sols irrigués.

3.2     Salinisation des sols irrigués

Les faibles quantités de minéraux apportés par les eaux d’irrigation sont habituellement lessivées par les pluies et ne portent pas à conséquences. Il en va autrement dans la situation de perturbation climatique où nous nous trouvons. Les pluies se font rares, les sécheresses sont récurrentes, les sols ne sont plus lessivés et les quantités de chlorures amenés par les eaux d’irrigation s’accumulent. Ce déséquilibre conduit à plus ou moins longues échéances à la stérilisation des sols irrigués (voir Salinisation des sols, Encyclopédie de l’Environnement,
https://www.encyclopedie-environnement.org/zoom/salinisation-sols/

et « observations personnelles, 1965, périmètre irrigué du Rharb (Maroc) par le barrage d’El-Kansera (notule non-publiée) » et DESS[1]. L’évaporation des eaux remontant par capillarité provoquait des dépôts de sels dus à l’évaporation.

3.3     Le changement climatique et la salinisation des sols

Les exemples mondiaux ne manquent pas sur la salinisation des sols de périmètres irrigués en zones sub-tropicales ou sub-désertiques (Murray-Darling – Australie, Tunisie, Sahara algérien, Maroc, Roussillon, etc.). L’organisation des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation estime que « 20% des terres irriguées dans le monde sont des sols touchés par des problèmes de salinité » (op. cit Encyclopédie). Le changement climatique est là, nous entrons en zone sub-tropicale sèche dont la limite nous atteint. Au sud de Beaucaire, en Camargue, des riziculteurs ont perdu leurs semis irrigués à l’eau du Rhône. Quel est l’apport en sel de cette eau ? Quel est l’apport des remontées salées de provenance maritimes ? Il conviendrait d’appliquer le principe de précautions. Nous nous contentons de tirer la sonnette d’alarme et de demander des études. Viendront-elles ? Nous sommes preneurs.

Conclusion

Il convient de récupérer ce qui est acheminé en mer à partir des stations d’épuration et de laisser faire les solutions naturelles, les solutions fondées sur la nature, lesquelles aboutiront à recharger les zones humides. !

L’écologue a, dans sa démarche, la faculté de lever le nez de son guidon et de regarder au loin. Si l’alimentation en eau douce potable est organisée au mieux avec un réseau de sources remarquable (mais nécessitant un apport complémentaire d’eau du Rhône par le canal BRL), il n’en va pas de même en ce qui concerne l’assainissement malgré les publicités dans la presse locale. La régie des eaux contrôle bien toute la partie prélèvement, potabilisation et distribution, elle n’a pris en charge la partie assainissement que tardivement, l’affiche dans la presse n’est que récent (30/03/2022).

La population de la Métropole de Montpellier ne cesse d’augmenter (25.000 habitants supplémentaires attendus d’ici 2026). Ceci suppose une augmentation du volume de déchets et notamment du déchet liquide que représente l’eau usée. Cette eau usée doit cesser d’être un déchet que l’on évacue en mer. Selon les lois de l’économie circulaire, l’eau de l’émissaire de Maera doit devenir une ressource à réutiliser-recycler. Tout ce qui peut réduire les prélèvements dans le milieu naturel (fleuves, rivières, etc.) est à mettre en place d’urgence, pas demain mais hier ! Il y a une artificialisation de la ressource par les villes de la Métropole, Montpellier en tête. Il convient de désartificialiser, ralentir les flux d’eau et restaurer le bon fonctionnement naturel des cours d’eau. L’eau issue des stations d’épuration, si modestes soient-elles, doit être réutilisée en priorité pour les « cultures vivrières alimentant le marché local » (FNE, op. cit. sept. 2021).

La disponibilité de la ressource en eau constitue un facteur limitant au développement de notre métropole. Des économies sont à envisager à l’amont.

Raymond GIMILIO
Docteur en sciences biologiques mention écologie (1971)
Président de l’ODAM
Secrétaire du Comité de quartier « Figuerolles-Autrement »
Délégué au comité de quartier Centre
Délégué au Comité de Développement Montpellier-Métropole (CODEV)
Ingénieur de recherches (ER) du CNRS
Ancien chargé d’études HN au Ministère de l’Environnement (1980-1987 et 1990-1996) détaché du CNRS
Ancien consultant OCDE (1971) et UN-FAO (1971-1980)

 

[1] DESS botanique « Étude de la végétation ligneuse de la vallée de l’oued Mellah, région de Casablanca » (29 juin 1966, ronéo Faculté des Sciences Rabat (Maroc). Salinisation des sols par source salée (terrains du Trias) déviée de l’alimentation en eau de la ville de Casablanca (barrage oued Mellah).




NON A L’EXTENSION DE MAERA !

Gouverner c’est prévoir, or, en dehors d’aggraver la situation en connectant des villes de la Métropole et même des villes hors Métropole, dès alors que Montpellier Métropole avait la connaissance que cette station ne pouvait pas répondre aux besoins, pourquoi n’a-t-elle rien prévu afin de la remettre à niveau depuis cette prise de conscience ?

Le comble de l’indécence, c’est que l’on veut reproduire aujourd’hui ce qui a été un échec hier à partir de la rénovation de la station d’épuration de la Céreirède de Lattes et appelée « MAERA ».

Vue de Maera côté bassins

La Métropole prévoit de nous imposer son extension avec l’objectif (déjà promis mais jamais obtenu) du « ZERO NUISANCE » ? Le plus alarmant, c’est qu’une unité d’incinération des boues y serait associée.

L’extension de MAERA ne permettra pas de corriger toutes les anomalies, elle les réduira tout au plus. C’est un investissement très important et d’une efficacité de court terme. Moins souvent, mais l’exutoire en mer continuera à polluer la Méditerranée et des « by-pass » dans le Lez existeront encore après de fortes pluies. Par ailleurs, rien ne nous assure que des dégradations ne surviendront pas d’ici quelques années suite aux nouveaux besoins à partir de l’augmentation de l’habitat Métropolitain et hors Métropole. A cela, il est nécessaire d’ajouter les contraintes du dérèglement climatique en cours avec le lieu du site de cette station d’épuration qui est située en zone inondable.

Depuis plus de 10 ans il était possible de corriger et améliorer les problématiques de la station d’épuration MAERA et de proposer des alternatives :

  • Etudes pour compléter le système des traitements en sortie de Maera, améliorer et augmenter la capacité épuratoire et le nombre des bassins d’orage, recycler et réutiliser les eaux, pour l’étiage du Lez, les besoins de la station, l’industrie, les espaces verts, la recharge de la nappe phréatique si nécessaire…
  • Etudes afin de permettre d’avoir une station d’épuration performante (voire 2, Nord-Est, Nord-Ouest) avec des villes de proximité au Nord de Montpellier avec le recyclage du phosphore contenu dans les eaux usées et réutilisation des eaux traitées pour l’arrosage… (là où le besoin existe, économie circulaire)

Faut-il moderniser la Station d’Epuration MAERA ? La réponse est : OUI.

Faut-il créer un volume de stockage supplémentaire pour la station de 10 000m3, et/ou doubler la capacité du/des bassins d’orage ? La réponse est : OUI.

Faut-il améliorer et/ou supprimer le réseau UNITAIRE par des réseaux SEPARAFIFS, réduire les pollutions en amont afin de permettre une meilleure prise en compte des besoins et l’amélioration de l’acceptabilité des eaux à traiter à partir des bassins d’orage par MAERA ? La réponse est : OUI.

Faut-il procéder à l’extension de la capacité de la station de 470 000EH à 660 000EH (+40%) ? La réponse est : NON.

Cette initiative n’est pas acceptable car elle ne répond à aucun besoin pour le sud de Montpellier et pas d’avantage pour la Commune de Lattes, elle est également contraire à l’intérêt général (Projet perdant-Perdant pour le Sud et le Nord de Montpellier Métropole).

Si le projet d’extension devait se réaliser sur ce site de la Céreirède, les décideurs seraient responsables de leurs décisions avec des conséquences environnementales probables à venir ainsi que les coûts engendrés par cette réalisation.




MAERA : projet de modernisation, on nous roule

Introduction

Une enquête d’utilité publique a été ouverte le 27 juin 2019 jusqu’au 20 août 2019 par arrêté préfectoral pour « un projet de modernisation de la station des eaux usées MAERA présenté par Montpellier Métropole », soit une durée de 44 jours, en plein été, en pleines vacances ! Les association vigilantes ont réussi à persuader les autorités de prolonger la dite enquête jusqu’au 4 septembre 2019, 18 h. L’ODAM a pu, à la fin août, consulter le registre dématérialisé et son dossier et rédiger une contribution dont nous donnons la teneur ci-dessous. Le Président de l’ODAM a rencontré les commissaires enquêteurs le 4 septembre de 9h15 à 10h15 pour un échange cordial et constructif. Nous espérons avoir été écoutés et entendus.

Contribution de l’ODAM

Montpellier le 2 septembre 2019

 EUP modernisation Maera

 Objet : « Projet de modernisation de la station de traitement des eaux usées MAERA, sur la commune de Lattes, lieu dit la Céreirède, au profit de Montpellier Méditerranée Métropole » (arrêté préfectoral n°2019-I-743 du 17 juin 2019).

 Nous sommes solidaires de tous ceux qui ont protesté sur la date de tenue de l’enquête pendant le début de l’été et des vacances, nous sommes gré de la prolongation au 4 septembre. Sans cette prolongation, l’enquête aurait pu être interprétée comme une tentative de « passage en force » dont Montpellier-Méditerranée-Métropole nous a déjà habitués dans le passé, pour d’autres aménagements aujourd’hui controversés.

 Il s’agit de donner un avis sur l’utilité publique du projet de Montpellier-Méditerranée-Métropole qui présente un « projet de modernisation de la station de traitement des eaux usées [STEP] Maera ». S’agit-il vraiment de « moderniser » cette STEP qui dessert à l’heure actuelle 14 communes de la métropole et 5 hors-métropole ?

 Préambule

 Le concept de modernisation est totalement différent de celui d’extension. Il ne s’agit pas de la même chose. « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde. » écrivait Albert Camus (L’homme debout, Edition II).

Nous déclarons que l’eau usée, certes, est un déchet mais un déchet précieux qu’il convient de recycler, de récupérer et d’épurer correctement en vue de sa réutilisation en eau douce à toutes les fins agricoles. Les exutoires fluvial (Le Lez) ou marin (golfe du Lion-golfe d’Aigues-Mortes), tel qu’il fonctionnent depuis 1965, sont une dangereuse hérésie, un crime contre l’environnement. En 2005, se tenait une conférence publique (28/04/2005, Montpellier) dénonçant la conception de la nouvelle usine qui allait s’ériger sur le site de la Cérereide obsolète (rejetant dans le Lez depuis 1965). Cette « usine pilote », selon l’expression de son promoteur, allait remplacer la Cérereide, mais en améliorant le traitement et en déportant la pollution du Lez dans le golfe d’Aigues-Mortes, à 11 km au large de Palavas, par un émissaire de 20 km dont 11 en mer. Le débit du rejet prévu est de 130.000 m3/jour (soit environ 1,5 m3/s). Ce contre quoi ont protesté à l’époque les associations de défense de l’environnement, notamment celles de la baie d’Aigues-Mortes ou des communes riveraines du Golfe. Une protestation contre la composition des effluents prétendument traités à 95% :

  • des MEST[1] (matières en suspension : 3,5 t/jour de MEST),
  • des DBO[2] et des DCO[3] (ces deux derniers appauvrissent le milieu en oxygène),
  • plus des ions de composés d’azote, phosphore,
  • des médicaments humains rejetés avec les selles, certains radioactifs,
  • des PCB, etc.
  • sans compter une impressionnante quantité de germes coliformes !

 Le taux d’épuration justifiait, selon Montpellier-Agglomération et un avis de 1996 d’un « comité national d’hygiène » approuvant un rejet en mer, au large, avec comme excuse supplémentaires qu’un courant dit « Ligure » allait balayer ces substances et les diluer dans la grande masse de l’eau de la Méditerranée, affirmation justifiant ce que nous qualifions comme « atteinte grave contre l’environnement », dans la mer la plus polluée du monde, souffrant de la pollution de toutes les grandes métropoles françaises riveraines comme de celles étrangères (celles du sud-est en particulier). L’influence de ce courant Ligure n’aurait jamais été scientifiquement démontrée comme du reste, l’effet de dilution de la pollution rejetée.

 Nous sommes solidaires des communes situées à l’est de Palavas, qui n’ont pas été associées comme partie prenante dans l’élaboration de l’enquête, au prétexte qu’elles appartiennent à un département voisin. Un écosystème peut recouvrir plusieurs divisions administratives, l’écosystème du golfe du Lion et de la baie d’Aigues-Mortes ne peut être réduit à sa partie faisant face à l’Hérault, ce qui n’est pas naturel. Les limites administratives ne constituent en aucune façon une barrière anti-pollution : la pollution est trans-frontières, encore plus s’agissant de la mer ! La compétence se devait d’être étendue à tout l’écosystème, au moins à l’est de la Grande-Motte et à l’ouest de Palavas.

        L’émissaire en mer (coût = 65 Millions d’€uros)

 Le 16 novembre 2018, s’est produit un incident survenu sur l’émissaire, exutoire en mer de Maera : une rupture de la canalisation au lieu dit « les 4 canaux » à Palavas dont aucun média n’a rendu compte mais qui a fait l’objet d’un constat d’huissier de justice. Les effluents seront pompés de la fouille de dégagement et sont déversés dans l’étang du Prévost, tout le temps que dureront les travaux de réparation de la fuite. Cette réparation s’est faite par un « sanglage » (provisoire ?). Cet incident à lui seul montre la dangerosité du dispositif de rejet en mer chaudement recommandé en … en 1996 ! Depuis, la science a fait des progrès notamment sur le devenir des polluants en mer et sur l’état de la mer méditerranée, mer fermée, eutrophisée et très polluée ! Les nouvelles règles européennes sont là, il faut en tenir compte (Fondation Ellen Mac Arthur).

 Les traités scientifiques nous disent que l’hydrogène sulfuré qui est contenu dans les tuyaux d’égoûts des réseaux d’assainissement corrodent le béton, l’acier, la fonte. La question se pose sur l’efficacité des dispositifs de désulfuration à la sortie de Maera ? Or, les riverains savent combien ce composé est présent dans les eaux qui empruntent l’émissaire (odeurs méphitiques constatées là où sont placés des évents de cette canalisation. Il y a eu une première manifestation le 16 novembre 2018, combien de microfuites le long des 20 km de cette canalisation ? Les microfuites évoluent et un jour, comme ce 16 novembre 2018, ça casse !

 L’émissaire en mer a coûté cher, mais il faudra dans un premier temps stopper progressivement son utilisation (il semble corrodé et le public ignore à quel point). Il faut envisager une vraie modernisation de la STEP Maera pour en faire une vraie station de traitement rejetant, quelles que soient les circonstances météorologiques, de l’eau de qualité baignade dans le milieu naturel. Où devra se faire le rejet ? Dans le Lez pour permettre l’étiage de ce fleuve. Ou en réutilisant une partie du conduit pour amener les eaux vers des jardins filtrants proches du trajet, là où il y a du foncier disponible. Il faut également mettre en place un système d’eau d’irrigation agricole (le Gard est actuellement, au 26 août 2019, en période de sécheresse, de stress hydrique, pénurie d’eau d’irrigation). L’Hérault ne saurait tarder, la pluie n’est pas au programme avant dux semaines. L’étiage du Lez est maintenu par un apport d’eau du Rhône amené par le Canal « Philippe Lamour » (BRL) qui traverse le Gard assoiffé et une partie de l’Hérault. Cet étiage est nécessaire pour compenser le prélèvement d’eau potable dans la nappe souterraine de la source du Lez. On oblige bien des agriculteurs à cesser leurs prélèvements, pourquoi pas cesser la compensation de l’étiage du Lez avec l’eau du Rhône ?

 Par ailleurs, nous n’avons cessé de dénoncer l’insouciance des autorités locales (assemblée délibérante des communes et agglo-métropole confondues) qui ont accepté que l’eau sortant de Maera ne soit pas débarrassée de sa charge bactériennne-virale et soit insuffisamment traitée (il manque des rampes de lampes à rayons ultra-violets, une chloration appropriée, etc. : une dépense mineure ?) : la seule protection réside actuellement sur l’interdiction de toute pêche et de toute plongée autour de la sortie de l’émissaire et récemment la suspension administrative d’une conchyliculture impactée. L’eau salée n’est nullement un désinfectant pour les bactéries (coliformes, entérocoques, etc.). Ces bacilles sont censés vivre en mer plus que les 3 jours qu’on leur prête et peuvent revenir vers la côte en cas de vents marins. Les conchyliculteurs apprécieront (dont nous apprenons le préjudice qu’ils ont subi !). Ces bacilles en contact avec les résidus d’antibiotiques des effluents peuvent voir leur dangerosité accrue (piste à suivre). Car, là est le problème de mélange des eaux de l’émissaire peu salées et à faible densité avec l’eau de mer salée et à plus forte densité. L’agitation créée par les « becs de canard » du tronçon terminal en mer tente ce mélange mais l’eau douce remonte en surface et peut suivre les vents soufflant vers la terre, ramenant à la côte des bacilles peu moribonds.

 Au modèle Maera, notre association n’a cessé d’opposer le modèle de STEU utilisée par l’agglomération de Caen-la-Mer qui rejette depuis plus de 15 ans, dans l’estuaire de l’Orne, des eaux de qualité baignade correctement traitées, filtrées en finale par des jardins végétaux filtrants de plantes à rhizomes capables de ce travail d’épuration. Montpellier-Méditerranée-Métropole n’a jamais voulu entendre raison sur cette solution. Et, cerise sur le gâteau, on nous propose l’augmentation de la capacité de traitement avec, à terme, une augmentation des déversements en mer via un émissaire dont nous doutons de l’étanchéité.

Conclusion partielle : la modernisation envisagée de Maera semble ignorer les exigences de protection du milieu marin méditerranéen contre toute pollution. Elle est hors de propos avec l’exigence de récupération et réutilisation de l’eau : 130.000 m3/jour en pure perte déversés en mer alors que cette eau pourrait renforcer l’étiage du Lez et servir à l’agriculture. Ceci n’est pas pris en compte dans les documents de l’enquête. Montpellier-Méditerranée-Métropole rejette cette éventualité dans le document « Projet de … : Bilan de la concertation préalable (sd [2018]).

         Extension ou modernisation ?

Nous affirmons, à la lecture des dossiers, que le véritable objet de Montpellier-Méditerranée-Métropole n’est pas une modernisation mais une actualisation, réactualisation et extension ave une augmentation de la capacité de traitement de 40% de la capacité actuelle en vue de satisfaire une augmentation de population permanente hypothétique et provoquée sciemment. Depuis ses débuts (Cérereide en 1965), le promoteur (Montpellier … district, agglo, métropole) a visé, au prix de travaux pharaoniques, année après année, à fermer des stations communales (au lieu de les moderniser localement) et à proposer voire imposer  des raccordements à Maera en s’attribuant « la compétence assainissement », même à des communes d’autres agglomérations (cinq communes sont hors-métropole : Palavas, p.e.). Cette politique de grands travaux inutiles s’oppose au principe de subsidiarité des traitements de déchets, traitement au plus près du lieu de production. Il existe au nord de Montpellier une station communale exemplaire (Vailhauqués), conçue sur des bases écologiques, utilisant des vers de terre comme agents actifs et déversant ses effluents bien épurés dans la Mosson (le maire de Vailhauqués est un scientifique soucieux du milieu naturel, pas un juriste spécialiste des conflits à venir).

 L’extension envisagée (40%) émerge, quand on lit les informations enfouies dans un dossier technique d’un volume monstrueux et quand on détient, depuis 1965, l’historique de Maera-Cérereide : au lieu d’une modernisation, on nous cache essentiellement une réactualisation et une extension. Alors que dans la situation actuelle c’est moins de 400.000 équivalents-habitants (EH) qui y sont connectés, la lecture des dossiers fait état « d’une capacité de 470.000 EH qui serait portée à 660.000 EH », ce qui prouve qu’il s’agit bien d’une extension (augmentation de la capacité de traitement d’un tiers, c’est à dire plus 190.000 EH (+40%). Pourquoi une telle augmentation ?) à laquelle il faut ajouter, à la marge, rénovation et modernisation. Maera fait suite a un échec écologique, environnemental, financier et de conception de sa précédente rénovation, laquelle ne remonte pas à plus de 12 ans. On joue sur les mots, on commet un grossier abus de langage, dans un dossier de plusieurs centaines de pages, une inflation technologique qui a pour but de noyer le citoyen sous un fatras technique, en l’abusant sur le travail de modernisation que nous n’avons cessé de préconiser depuis 12 ans au fil de nos observations lors des visites que nous avons pu faire ou sur notre site Internet (https://www.odam.fr). Ces observations ont été relayées au fil des réunions d’une Commission de suivi de site à laquelle les autorités nous ont, avec constance, refusé toute participation, nos observations ayant déplu à la communauté territoriale concernée malgré leur pertinence. Nous défendons l’intérêt général, nous ne réglons pas des comptes, même si cela déplait aux dépensocrates.

 De surcroît, l’extension prévue se fait dans une zone dont le caractère inondable ou non-inondable fait l’objet de controverses.

Augmenter la capacité de traitement de 470.000 EH à 660.000 n’en fera pas pour autant une meilleure station, elle pourrait même être pire dans son impact sur le milieu naturel. Les effluents transitant par un émissaire, dont l’étanchéité est douteuse, vont augmenter. C’est loin d’être un exemple de vertu écologique avec toutes les problématiques centrées sur une même station plus importante en cas de dysfonctionnement.

        L’État sanitaire du milieu naturel à l’aval de Maéra

Le document de réponse aux remarques de l’autorité environnementale (AE) met l’accent sur l’amélioration de l’état sanitaire environnemental du milieu naturel notamment des espaces lagunaires situés de part et d’autre du Lez et Palavas. Lors de la mise en service de la nouvelle Cérereide ou Maera (la rolls-royce des STEP ou « une station pilote » disait-on à l’Agglo), il est clair que le fait de ne plus rejeter d’effluents dans le Lez d’où ils gagnaient les étangs, a assaini considérablement le fleuve après une situation catastrophique. Pour les étangs saturés d’apports polluants, l’évolution a été plus lente à venir. Mais l’alibi du rejet en mer à 12 km par l’émissaire a permis l’envoi d’une partie de la pollution (5%) dans une mer qui n’en a pas besoin avec des désordres et des dysfonctionnements non immédiatement visibles rapidement et qui constituent autant de causes cachées de problèmes environnementaux graves à venir.

 D’autre part, on a l’impression, à la lecture des documents de l’enquête que l’amélioration de l’environnement de la zone lagunaire est un objectif encore à atteindre ! Pourquoi cet état de fait dont l’incident-accident du 16 septembre 2018 aux 4 Chemins, soigneusement dissimulé, ne serait que la partie visible d’un iceberg fait d’une cascade de micro-fuites invisibles provoquée par une corrosion invisible ?

La traversée d’un des étangs dans une zone vaseuse instable et à caractère oxydant n’est pas faite pour mettre le tube à l’abri de la corrosion extérieure, ce qui est loin de nous rassurer sur l’intégrité générale du conduit.

        Le problème des crues et des épisodes cévennols

Un des problèmes que Montpellier-Méditerranée-Métropole propose de régler est celui des forts épisodes pluviométriques (épisodes cévenols ou méditerranéens) qui surviennent en automne-hiver-printemps. Les pluies orographiques se propagent rapidement vers la plaine créant des inondations (on connaît historiquement les crues du Verdanson, affluent du Lez). A la forte quantité d’eau qui tombe s’ajoute un fort ruissellement qui est aggravé par l’imperméabilisation des sols. Les immeubles et leurs parkings font dévaler, depuis les hauteurs de Montpellier et des Cévennes-Causses, des quantités d’eau qui convergent vers Lattes (Negue-Cats, Lez, Mosson, Verdanson, etc.). La partie de l’eau qui s’engouffre dans le vieux réseau unitaire d’égouts arrive en trombe sur Maera malgré le bassin régulateur (insuffisant ) de crues des Aiguerelles. Maera ouvre les « by-pass » et les eaux grises-noires passent dans le Lez proche avec leur charge brute de polluants. Ce phénomène a été longtemps caché au public alors que nous l’avons toujours révélé à la suite d’une visite de la STEP.

On nous affirme que les aménagement prévus vont diminuer les rejets par by-pass, on ne nous affirme aucunement qu’ils seront nuls. Les risques ne tiennent pas compte du changement climatique et de la montée des eaux des océans, montée à laquelle la Méditerranée n’est pas à l’abri.

Un second phénomène se produit lors des épisodes cévenols : les fortes marées qui bloquent l’évacuation des eaux by-passées dans le Lez. Les vents marins soufflant vers la terre ramènent la pollution vers les étangs. Que va faire la Métropole ? La pollution par les coliformes et entérocoques (et les virus ?) rejetés en mer remonte dans des bulles d’eau « douce » et revient vers la terre, vers le lido de Palavas et des communes voisines en moins de 3 heures. Ce ne sont pas 12 km parcourus depuis la sortie de l’émissaire en mer, parcourus en moins de 3 heures, qui suffiront à tuer les germes, n’en déplaise à la Commission nationale d’hygiène de 1996 et à Montpellier-Méditerranée-Métropole.

Nous finirons en rappelant l’existence de la « Directive Cadre Stratégie pour le Milieu marin » (2008/56/CE, DCSMM), directive qui préconise « une mer saine, propre et productive, un bon fonctionnement des écosystèmes marins et un usage durable des biens et services associés. ». Tout le contraire de l’innocuité prétendue des rejets en mer d’eaux chargées de bacilles et de virus.

Notre avis final est contre, résolument défavorable à l’extension telle qu’elle nous est proposée (qui laisse de toutes façons Maera avec ses défauts) et ne permet pas de supprimer la totalité des dysfonctionnements et des pollutions, à la fois en mer et dans le Lez : une réalisation industrielle incomplète, ignorant tout de l’écologie, dans une région où la préservation du milieu naturel et de la Méditerranée est une richesse touristique importante qu’il convient de préserver.

Aucune alternative à cet unique projet d’extension n’a été portée à la connaissance du public (et à la nôtre) alors que nous estimons que la meilleure réponse serait la création d’une à deux STEU, l’une au nord-est, l’autre au nord-ouest d’une capacité de 50.000 EH chacune, extensibles à 100.000 (regroupement de villes à proximité) avec récupération des phosphates, le recyclage et la réutilisation des eaux, là où le besoin existe à proximité.

 La mer Méditerranée n’a pas besoin d’un apport d’eau dite « douce » polluée, contaminée, alors que l’arrière pays aura de plus en plus besoin d’eau recyclée convenablement et ce, afin d’épargner des ressources en eau souterraines de qualité dont certaines ont été compromises par des décharges d’ordures ménagères prétendument non-dangereuses (ISDND Castries, entre autres, résultat de la politique des déchets de cette même Montpellier-Méditerranée-Métropole).

 Le défi du changement climatique et des stress hydriques qui en sont la conséquence ne sont pas des phénomènes situés dans des pays lointains et exotiques. La montée des eaux dans la plaine littorale au sud de Montpellier progresse insidieusement. Ces phénomènes sont là, à notre porte, chez nous, « aquí », sur la côte languedocienne. Il convient de faire le pas et d’arrêter le désastre qui s’annonce.

 Sur la forme du dossier, nous faisons remarquer que Montpellier-Méditerranée-Métropole se prévaut de nombreuses dérogations à des dispositions destinées, pour certaines, à protéger l’environnement. Nous soulignons qu’alors cela voudra dire qu’on aura violé toutes les réglementations au profit de dérogations. Les responsabilités des décideurs seront engagées devant les générations actuelles et futures.

Le projet de modernisation de Maéra doit être rejeté et/ou ré-écrit avec un changement complet de paradigme tenant compte de l’évolution des connaissances scientifiques sur le milieu marin, lagunaire et fluvial. La présence de zones naturelles reconnues (ZNIEFF, RAMSAR, etc.) n’est pas à fouler au pied ! Des activités économiques de pêche et de conchyliculture sont impactées, toutes proches comme celles éloignées.

Il se trouve que l’Université de Montpellier enseigne l’écologie tant marine que terrestre depuis plus d’un demi-siècle, adossée à de grands organismes de recherche tant nationaux qu’internationaux (CNRS, IFREMER, INRA, CIRAD, INSERM, etc) : cette excellence vient d’être reconnue en 2019 par une première place au classement dit « de Shangaï ».

Raymond GIMILIO
Président de l’ODAM
Certifié és Chimie
Docteur en sciences biologique mention écologie
Ancien chargé d’études de haut-niveau au ministère de l’environnement (1980-1996)
Ingénieur de recherches (ER) du CNRS
Chevalier du mérite agricole (2015)

 


[1] Matières en suspension transportées : MEST

[2] matières caractèrisées par leur demande biologique en oxygène : DBO

[3] idem demande chimique en oxygène : DCO

Complément et erratum

Montpellier le 3 septembre 2019

EUP modernisation Maera

complément

 Objet : « Projet de modernisation de la station de traitement des eaux usées MAERA, sur la commune de Lattes, lieu dit la Céreirède, au profit de Montpellier Méditerranée Métropole » (arrêté préfectoral n°2019-I-743 du 17 juin 2019).

  1.         Erratum

 Le présent document apporte quelques corrections au précédent document versé le 2 septembre. La « commission d’hygiène et de sécurité etc. » dont il est question page 5 doit être remplacée par « Conseil supérieur d’hygiène publique de France qui a émis une prescription en 1994 ».

  1.         Complément d’avis sur le dossier

 Nous attirons l’attention des Commissaires Enquêteurs sur l’avis formulé par l’Autorité Environnementale, formation d’autorité du Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable, nous citons :

 « Cet avis porte sur la qualité de l’étude d’impact présentée par le maître d’ouvrage et sur la prise en compte de l’environnement par le projet. Il vise à permettre d’améliorer sa conception, ainsi que l’information du public et sa participation à l’élaboration des décisions qui s’y rapportent. L’avis ne lui est ni favorable, ni défavorable et ne porte pas sur son opportunité. La décision de l’autorité compétente qui autorise le pétitionnaire ou le maître d’ouvrage à réaliser le projet prend en considération cet avis. Une synthèse des consultations opérées est rendue publique avec la décision d’octroi ou de refus d’autorisation du projet (article L. 122­1­1 du code de l’environnement). En cas d’octroi, l’autorité décisionnaire communique à l’autorité environnementale le ou les bilans des suivis, lui permettant de vérifier le degré d’efficacité et la pérennité des prescriptions, mesures et caractéristiques (article R. 122­13 du code de l’environnement). »

 C’est un avis mitigé, en tête d’un document de 30 pages daté du 23 janvier 2019. L’autorité s’est déplacée à Montpellier et à Lattes dans la plus grande discrétion médiatique. Le document est clair, facile à lire. Il comporte une synthèse qui recommande des études complémentaires sur :

  • Les scénarios de non-débordement,
  • L’absence de surverse pour les pluies mensuelles, y compris en saison touristique (apport de population),
  • La réalisation d’une première analyse de risques des raccordements de nouvelles installations, etc.

L’avis détaillé met en exergue la surcharge hydraulique de la STEU Maera actuelle, les prévisions d’augmentation de la population, etc.

 Nous avons relevé (page 6) les quantités de polluants reçus, il conviendrait d’appliquer un coefficient de 5% pour calculer ce qui est rejeté après abattement, en mer, via l’émissaire. Par exemple pour 32 t/j de MES, ce seraient 1,60 t/jour qui emprunteraient l’émissaire, 28 t/j de DBO5 ce seraient 1,40 t/jour qui seraient rejeté au large, etc. Ces chiffres sont loin d’être anodins et justifieraient une obligation absolue de rejet d’eaux claires, sans MES, DCO, DBO5, etc., une eau récupérable et recyclables qui se perd actuellement en mer via un émissaire qui a coûté le bagatelle de 65 M€. Nous mettons toujours en parallèle la STEU de Caen-la-Mer (capacité comparable) qui rejette à travers des jardins filtrants, ces jardins qui semblent mal connus et mal appréciés par 3M (Montpellier-Méditerranée-Métropole). Ce sont des tonnes par jour qu’on enverrait au large se diluer dans la mer ?

 Nous avons apprécié la réponse de 3M : un pavé d’environ 258 pages supplémentaires et nécessaires, qui auraient dû éclairer le public dès le début des premières concertations en 2018.

 Le résumé non-technique aurait dû venir en tête des documents du projet. Comment ne pas s’étonner que, devant les pavés indigestes et incompréhensibles pour le commun des mortels, le grand public des citoyens, dans une ville qui affichait son désir de démocratie participative ou de démocratie de proximité, les premières enquêtes et les réunions de concertation aient attiré si peu de participants et aient si peu motivé les médias ? A l’exception de riverains lésés ou d’associations motivées ? Car il faut avoir du temps disponible et des connaissances techniques solides pour digèrer le pavé des documents soumis à l’enquête.

 Le citoyen de base est-il conscient, devant son évier ou sa cuvette des WC, que commence le rivage de la mer Méditerranée, chez lui ? « Ici commence le rivage ». Les tuyaux qui partent de son logement aboutissent dans le golfe d’Aigues-Mortes, au large de Palavas, à 30 m de profondeur, via la STEU.

  

Raymond GIMILIO
Président de l’ODAM
Docteur en sciences biologique mention écologie
Ancien chargé d’études de haut-niveau au ministère de l’environnement (1980-1996)
Ingénieur de recherches (ER) du CNRS
Chevalier du mérite agricole (2015)

cropped-logo-fond-bleu-clair-1.jpg

Le webmaster

Raymond  GIMILIO

sego4-150x150




Contribution à l’enquête d’utilité publique pour Maéra

logo_citoyen200x145

Nous sommes pour la participation citoyenne

logo-fond-bleu-clair

Monsieur Jacky CHANTON
10, rue des Vignes
34 970 LATTES

CONTRIBUTION A L’ENQUETE PUBLIQUE DE l’ACTUALISATION, EXTENSION ET MODERNISATION DE LA STATION D’EPURATION MAERA

Lattes, le 3 Septembre 2019

 A l’attention de Monsieur le Président de la Commission d’enquête

 Monsieur le Président,

 Comme ce n’est pas habituel, et dans le cadre de la démocratie participative citoyenne, je remercie les membres de la commission d’enquête publique et en particulier son Président pour avoir organisé la réunion d’information relative à la réactualisation, extension et modernisation de la station d’épuration MAERA le 10 Juillet 2019 sur la Commune de Lattes. Elle avait pour but de présenter les aménagements de ce projet et ainsi permettre un débat « Questions / réponses » entre les services « eau et assainissement » de la Métropole et les citoyens.

 Je regrette cependant que les dates de cette enquête publique , pour un sujet aussi important, soit organisée durant la période des vacances. Toutefois je se suis gré de ce report de date au 4 Septembre 2019, même si nos associations n’auront pas pu ce concerter durant cette période.

 Les objectifs de Montpellier Métropole :

  •  Limiter au maximum l’impact de Maera, en temps de pluie, sur la qualité des eaux du Lez. 
  • Améliorer la cadre de vie des riverains.  
  • Tendre vers zéro nuisance 
  • Contribuer à limiter l’empreinte sur l’environnement 
  • Faire de Maera une station à énergie positive 
  • Développer toute forme de valorisation (réutilisation partielle des eaux usées traitées) 
  • Montpellier Méditerranée Métropole s’est fixée, dans le cadre du présent projet, l’objectif d’améliorer les performances de traitement de la station.

La station Maera collecte les eaux usées de 19 communes :

  • 14 communes de Montpellier Méditerranée Métropole
  • 3 communes de Pays de l’Or Agglomération (Carnon, Palavas, Saint-Aunès)2 communes de la Communauté de Communes du grand Pic Saint-Loup (Assas, Teyran)

La station de traitement des eaux usées existante possède une capacité nominale de 470 000 EH pour un volume journalier admissible de 130 000 m3/j.

 Quel est le constat sur le choix de l’émissaire en mer et du projet de Montpellier Méditerranée Métropole pour la réactualisation, extension et modernisation de la station d’épuration de la Céreirède ?

  • Un choix onéreux et contestable du rejet des eaux traitées à partir d’un émissaire en mer

(2005) :

Onéreux : 65 Millions d’euros pour le seul émissaire en mer.

Coût global : Le premier chiffrage avec le rejet en mer était un peu élevé, selon l’agence de l’eau, soit un montant prévu de 112,8 Millions d’euros ? En réalité la note finale sera de 150 Millions d’euros, ce qui en fait la station la plus chère de France et certainement d’Europe pour sa capacité épuratoire en équivalents habitants.

Contestable : Cette station pollue en permanence la mer et le Lez après de forts orages jusqu’à ce jour et par voies de conséquences des effets négatifs sur la qualité des eaux des étangs et du littoral. 

Voilà la présentation des performances annoncées de MAERA par Montpellier Agglomération :

Montpellier : Dans l’exercice de ses compétences assainissement, la Communauté d’Agglomération de veut assurer le plus haut niveau de collecte et de traitement des eaux usées et de rejet des eaux épurées afin de protéger notre environnement naturel. 

La station pourra, alors, traiter 130 000 m3 par jour (soit les effluents d’une ville de 470 000 habitants) contre 80 000 m3 aujourd’hui et offrira de nombreux avantages.

Parmi les avantages qu’offre la nouvelle station MAERA depuis le 1er trimestre 2006, on peut citer :

  • l’assurance du meilleur taux d’épuration possible à ce jour,

  • la garantie de la qualité des eaux de baignade du littoral maritime,

  •  la réhabilitation du Lez et des étangs,
  •  la sauvegarde du milieu marin et des métiers de la pêche,
  •  le traitement des eaux de pluie,
  •  la suppression sonore et olfactive de proximité,
  •  une parfaite insertion du site dans l’environnement,
  •  la mise en œuvre d’un système de contrôle et de surveillance permanente des Installations …
  • Une gestion technique discutable puisqu’elle n’a jamais répondu aux objectifs qui ont été annoncés par l’Agglomération depuis sa rénovation, extension, modernisation de 2005 :

Quel est le bilan de la station « MAERA » neuf mois après son inauguration ?

Les membres du comité de suivi de cette station nous informent que les performances de dépollution à 95% annoncé par Véolia et l’Agglomération de Montpellier ne sont pas respectées… 

La capacité épuratoire de la station parait nettement sous-évaluée par rapport aux annonces des performances par l’Agglomération de Montpellier.

Elle est censée traiter un volume journalier admissible moyen de 130 000 m3/j, donc, 47 450 000 m3/an. 

  • Bassin d’orage avec une capacité déjà insuffisante dès 2008 :

Avec le bassin d’orage, la grande partie des eaux pluviales, hors intempéries importantes, se trouvent captées dans l’ouvrage enterré à une profondeur de 8 mètres ; elles sont ensuite dirigées pour leur assainissement jusqu’à la station d’épuration de la Communauté d’agglomération de Montpellier, MAERA.

Lors des orages exceptionnels au-delà du bassin d’orage, un chenal aval a été construit afin que les pluies dépassant la capacité du bassin aillent se déverser dans le Lez.

Intégré dans un vaste schéma d’amélioration de l’assainissement des eaux usées de la ville et des communes de l’agglomération, le bassin d’orage des Aiguerelles concilie deux objectifs : maîtriser les eaux du Lez et les risques d’inondations et préserver la qualité de l’eau. D’une envergure de 100 x 40 mètres, l’ouvrage béton est actuellement en période de mise en service. Fin 2008, sa surface sera aménagée pour devenir la partie arborée du site. 

  • La qualité de conception de MAERA, selon le Journal HARMONIE d’Avril 2008 :

« Cette triple certification, obtenue pour la première fois au monde, récompense la qualité de la conception, de la réalisation et de l’exploitation de cette installation dans le respect de l’environnement » selon Monsieur Georges Frêche, président de Montpellier Agglomération.

« Nous visons l’excellence à Maera ». Un équipement en faveur du développement durable…Une station pour le futur… – La solution technique la plus performante… Selon Monsieur Antoine Frérot, Directeur général de Veolia Eau alors qu’en 2004 il vantait les mérites du recyclage et réutilisation des eaux des stations d’épuration.

Nous avons vécu une « intox médiatique » en dehors d’une véritable transparence des informations. 

  • Quelles sont mes interrogations après ces autosatisfactions ?

Pourquoi n’avoir pas choisi le référentiel Européen EMAS ?

L’appellation EMAS est commune aux pays et aux entreprises, est le nom du référentiel « européen de management environnemental et d’audit system », qui offre la possibilité aux entreprises de prouver leur engagement dans le domaine de l’environnement. Proche de la norme ISO 14001, la valeur ajoutée d’EMAS réside dans la portée de la communication environnementale, régulièrement actualisée et validée par un expert indépendant.

« En Allemagne, en Autriche et dans les pays scandinaves, les entreprises ont compris que communiquer sur leurs performances environnementales était un enjeu stratégique, beaucoup plus qu’en France. Pourtant ce type d’exigences devrait devenir incontournable. 

DES PROJETS ONEREUX

La rénovation de station d’épuration de la Céreirède, elle sera appelée « MAERA »

Le cout excessif de la station d’épuration « MAERA » avec quelques comparaisons (même période) : 

  •  La station du Nouveau Monde de Caen Mondeville, pour une Agglomération de 330 000 EquivalentsHabitants, cout : environ 65 Millions d’euros. Mise en service en 2003, ce montant englobe l’aménagement paysager des jardins filtrants.  
  •  La station d’épuration de San Rocco (Italie), cout : 87 Millions d’euros pour 1,2 Millions Equivalents- Habitants (EH), elle recycle ses eaux et permet l’arrosage de 22 000 hectares (an 2004). 
  •  La Station d’épuration MAERA, cout : 150 Millions d’euros afin de traiter les eaux pour 470 000 Equivalents-Habitants, pas de retour sur investissements des eaux, elle pollue en permanence la Mer, dégage des odeurs pestilentielles et pollue le Lez après de fortes pluies. La présence importante d’hydrogène sulfuré (H2S) dans le réseau, dégage des odeurs pestilentielles sur le territoire de Lattes centre avec des dangers possibles pour la santé. 

Pourtant lors de l’enquête publique, j’avais souhaité le recyclage des eaux sur le site du Thôt puis la réutilisation des eaux (relance officielle de cette demande en 2010), ce qui aurait permis un gain d’environ 60 Millions d’euros, gagné par la suppression de l’émissaire avec la possibilité d’un retour sur investissements de plusieurs Millions d’euros/an, la création d’emplois tout en évitant des pollutions en mer. Aucun retour de l’Agglomération de Montpellier ?

Aujourd’hui la volonté de Montpellier Métropole est l’extension de cette station : coût, 120 Millions d’euros à charge des ménages qui habitent la Métropole plus les villes hors Métropole qui sont connectées à MAERA. 

Cette nouvelle extension est pourtant contraire aux objectifs fixés par l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse qui préconise le recyclage et la réutilisation des eaux. Ils ont été annoncés par Monsieur Laurent ROY, Directeur général de l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse lors de la journée technique du 11 Mai 2016 organisée par l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse à l’Hôtel de Ville Montpellier dont le thème était : « UNE 2e VIE pour les eaux usées, C’est possible ». Puis le Colloque à Lyon du 17 octobre 2016, dont le thème était : « La station d’épuration du futur, maillon de l’économie circulaire ». (J’étais présent à ces deux journées). 

L’objectif principal de la réutilisation des eaux usées est non seulement de fournir des quantités supplémentaires d’eau de bonne qualité en accélérant le cycle d’épuration naturelle de l’eau, mais également d’assurer l’équilibre de ce cycle et la protection du milieu environnant. Par définition, cette réutilisation est une action volontaire et planifiée qui vise la production des quantités complémentaires en eau pour différents usages afin de combler des déficits hydriques. La France est le mauvais élève de l’Europe et même l’un des derniers de la classe en matière de recyclage des eaux des stations d’épuration surtout par rapport à l’Espagne ou l’Italie …  

Réponses succinctes aux objectifs du Projet de Montpellier Méditerranée Métropole :

Le projet qui est présenté consiste prioritairement à une actualisation / réactualisation de la station d’épuration de MAERA avec prise en compte d’une extension (passage d’une capacité de 470 000 EH à 660 000 EH) et enfin d’une modernisation.  

Afin de limiter au minimum l’impact de Maera, en temps de pluie, sur la qualité des eaux du Lez et améliorer le cadre de vie des riverains, c’est d’abord ne pas effectuer l’extension de Maera. C’est d’améliorer sa capacité en entrée de station et de traitement. C’est de continuer à améliorer ou supprimer le réseau unitaire du pluvial et le remplacer par un réseau séparatif (pluvial, eaux usées). C’est de doubler, si nécessaire, la capacité des bassins d’orage de façon à permettre l’acceptabilité de prise en compte des ruissellements après des pluies intensives.

S’il est incontestable que la qualité de l’eau du Lez a presque retrouvé sa vie (en dehors des by-pass dans le Lez par temps de pluies), il n’en demeure pas moins que les habitants de la Lattes « la Céreirède » conservent un espace environnemental que personne ne souhaiterait avoir à côté de chez eux (esthétique, bruits, odeurs…). Le rejet en mer présente cependant un « avantage certain » pour éviter les pollutions du Lez puisque les pollutions vont en mer et par ailleurs, en cas de dysfonctionnements de MAERA les problèmes ne se voient pas ou pas ou pas assez tôt. 

Tendre vers zéro nuisance, c’est un souhait Métropolitain, souvent exploité en communication (le dernier date de la dernière extension / modernisation de cette station et appelée MAERA) mais qui n’a jamais été mis en application sur le terrain et la mission parait impossible avec le projet présenté. 

Faire de Maera une station à énergie positive, oui, dans la mesure ou l’on respecte le principe de précaution, dans le cas de l’incinération des boues. Afin d’éviter les nuisances sur la santé des riverains, Il est donc impératif de transférer les boues de la station par une canalisation vers un site sans habitations sur un rayon de 500 m à 1 km, ce qui laisserait la possibilité de traiter les boues de toutes les stations de la Métropole (A Marseille : le traitement des boues se trouve à 6 km de la station d’épuration). 

Développer toute forme de valorisation (réutilisation des eaux usées traitées) : Oui, je l’avais d’ailleurs proposé en 2004. Il était possible d’éviter de dépenser 60 Millions sur les 65 Millions d’euros (coût de l’émissaire), à partir d’un recyclage des eaux en sortie de Maera afin de les recycler et les réutilisées pour l’étiage du Lez, les besoins propres à la station, les besoins de la Communes de Lattes (pour alimenter les roubines nécessaires au dessalement des terres… Elle permettait également un retour d’investissement appréciable.

Grâce à la réutilisation de l’eau, les eaux recyclées de Maera ne seraient plus envisagées comme un problème de mise au rebut mais elle permettrait de répondre à des besoins d’économie circulaire et une meilleure gestion de nos ressources en eaux souterraines. 

Gouverner c’est prévoir, or, en dehors d’aggraver la situation en connectant des villes de la Métropole et même des villes hors Métropole, dès alors que Montpellier Métropole avait la connaissance que cette station ne pouvait pas répondre aux besoins, pourquoi n’a-t-elle rien prévu afin de remettre à niveau cette station depuis cette prise de conscience ? 

Le comble de l’indécence, c’est que l’on veut reproduire aujourd’hui ce qui a été un échec hier à partir de la rénovation de la station d’épuration de la Céreirède de Lattes et appelée « MAERA ».

Le Président de la Métropole prévoit de nous imposer son extension avec l’objectif (déjà promis mais jamais obtenu) de « ZERO NUISANCE » en 2023 ? Le plus alarmant, c’est qu’une unité d’incinération des boues y serait associée sur ce site. 

Depuis 12 ans il était possible de corriger et améliorer les problématiques de la station d’épuration MAERA et de proposer des alternatives :

  •  Etude pour compléter l’épuration en sortie de Maera, recycler et réutiliser les eaux pour l’étiage du Lez, les besoins de la station, l’industrie, les espaces verts, la recharge de la nappe phréatique si nécessaire…
  •  Etude afin de permettre d’avoir une station d’épuration performante avec des villes de proximité au Nord de Montpellier avec le recyclage du phosphore contenu dans les eaux usées et réutilisation des eaux traitées pour l’arrosage… (économie circulaire)
  •  Etude sur le choix et le lieu pour une valorisation optimale des boues des stations de Montpellier Métropole. 
  • Permettre la participation des citoyens et associations aux décisions. 

Les avantages du recyclage et réutilisation des eaux de Maera 

Si le réchauffement climatique se confirme, les besoins d’irrigation agricole seront plus importants. Il sera donc nécessaire d’investir pour de nouvelles ressources en eau.

Dans le cadre du développement durable, le bilan environnemental et économique pourrait être le suivant : 

Bilan environnemental :

    • Ne plus polluer la Méditerranée et lever l’hypothèque des ressources balnéaires et touristiques.
    •  Permettre une réserve en eau pour l’étiage du Lez, les besoins de la station, l’industrie, les espaces verts, la nappe phréatique si nécessaire, l’agriculture…
    • La préservation de nos eaux souterraines
    • Répondre aux critères de l’économie circulaire et du développement durable.

Bilan financier prévisionnel :

    • Valoriser l’eau qui est actuellement rejetée en mer en pure perte à la place de polluer dangereusement le milieu marin. 
    •  Permettre un retour sur investissements de plusieurs Millions d’euros/an. Le seul coût de l’étiage du Lez s’élève en 2017 à 2 185 878,39 euros, c’est l’eau du bas-Rhône qui l’alimente actuellement par BRL. 

Cette argumentation est confortée par un rapport de l’Agence Européenne pour l’Environnement (AEE) qui a publié en mars 2009 : « Ressources en eau de l’Europe – Faire face à la pénurie d’eau et à la sécheresse ». Pour lutter contre la raréfaction de l’eau, elle insiste sur la nécessaire diminution de la demande et l’augmentation de l’efficacité de l’utilisation qui en est faite. 

La période actuelle est propice à la réflexion d’un système plus moral et plus axé sur la durabilité. 

Si Montpellier Méditerranée Métropole maintenait le projet de sa politique d’extension de la station d’épuration malgré tous les risques qui sont connus ou prévus et/ou annoncés à ce jour, il s’agirait, une fois encore, d’un manque d’appréciation et de vision des besoins. Cette extension serait contraire au bon sens, à la mauvaise utilisation de l’argent public et ne répondrait pas aux critères de développement durable ni à l’intérêt général. 

Tous les indicateurs pour une extension de cette station d’épuration sur ce site sont au rouge et Montpellier Méditerranée Métropole souhaite malgré tout, nous imposer son extension.

Ma contribution à cette enquête publique consistera donc, à expliquer et documenter les raisons pour lesquelles ce projet d’extension n’est pas réalisable sur le site de la Céreirède. 

Ma position pour répondre aux besoins :

Faut-il actualiser/réactualiser, moderniser la Station d’Epuration MAERA ? La réponse est : OUI. Faut-il créer un volume de stockage supplémentaire, une extension maximale de la capacité actuelle des bassins d’orage ? La réponse est : OUI.

Faut-il améliorer et/ou supprimer le réseau UNITAIRE et les remplacer par des réseaux SEPARATIFS, réduire les pollutions en amont et permettre une meilleure prise en compte de l’acceptabilité des eaux à traiter par MAERA ? La réponse est : OUI.

Faut-il procéder à l’extension de la capacité de la station de 470 000 EH à 660 000 EH (+40%) ? La réponse est : NON.

La proposition de Montpellier Métropole n’est pas acceptable car elle ne répond à aucun besoin pour le sud de Montpellier et pénalise les besoins à venir des villes du nord de la Métropole (les besoins en eau recyclées).

Elle ne supprime pas les dysfonctionnements mais les réduits temporairement.

Elle ne supprime pas les pollutions, elle en réduit certaines provisoirement mais elle en augmente d’autres par l’aggravation des pollutions en mer.

L’éloignement et le nombre des villes connectées génèrent des dysfonctionnements techniques à la suite des problématiques d’intrusion d’eau douce et à la formation de sulfure d’hydrogène dans les réseaux, en particulier au niveau des nombreux postes de refoulement et même si des traitements existent, ils sont très onéreux. Quant à la Commune de Lattes, elle doit, une fois encore, subir toutes les contraintes des risques environnementaux avec des impacts sur notre santé.

Il est consternant de constater que cette extension sera effectuée en zone inondable non protégée et que l’intérêt principal du recyclage et réutilisation des eaux n’est pas programmé. Par ailleurs, ce projet n’est pas compatible avec la prise en compte des effets du changement climatique (répondre aux périodes de sécheresses et de pluies intensives), au développement durable, à l’intérêt général et au bon sens. 

Les pollutions permanentes par les exutoires en mer des stations d’épuration :

  • Une pollution prouvée depuis longtemps. Elle est confirmée en Juillet 2019 par les chercheurs du programme européen Jerico-Next et coordonné par l’Ifremer. 

La Mer sous traitements médicaux forcés : https://www.socialmag.news/28/07/2019/mer-sous-medicaments/ Publié le dimanche 28 juillet 2019

Des médicaments pour l’homme qui sont rejetés dans l’environnement marin suite à leur passage dans des stations d’épuration. Quel impact sur l’environnement ? 

Pour la première fois, les chercheurs du programme européen Jerico-Next, coordonné par l’Ifremer (Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer), ont pu prouver que les déjections de l’activité humaine (médicaments, produits d’hygiène et ménagers, herbicides, etc.) sont rejetés dans l’environnement naturel par les eaux et se retrouvent dans les océans, aussi bien dans sur les zones côtières qu’au large. 

« Les polluants détectés dans l’environnement sont de plus en plus nombreux, dont les molécules pharmaceutiques, les produits d’hygiène, les plastiques et pesticides », a déclaré Cécile Miège, chimiste au centre Irstea (Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture, fondé en 2012) 

  •  Une pollution qui trouve son origine dans les stations d’épuration :

Si le plus gros est filtré, les molécules chimiques médicamenteuses de nos déjections, elles, passent au travers des filtres et se déversent ainsi dans les cours d’eau, les mers et les sols : « Les stations d’épuration traient la matière organique, l’azote et le phosphore souvent, mais elles ne traitent pas la pollution chimique diffuse », poursuit Cécile Miège. 

Le plus souvent, ce sont les composants des antibiotiques et anti-inflammatoires, qui sont les médicaments les plus utilisés. Entre 70% et 80% des antibiotiques consommés par l’homme finissent dans les environnements naturels. « En 2000, les eaux usées étaient une source de pollution pour 50% des rivières du globe. En 2010, presque toutes les rivières du monde étaient touchées », explique Maryna Strokal, professeure à l’université de Wageninger, dans un article du Guardian. 

  • Des conséquences environnementales graves :

Tout l’écosystème est mis en danger par cette pollution moléculaire … Avec le réchauffement climatique il pourrait y avoir des « conséquences biologiques sur les écosystèmes marins » selon Laurent Roy. Une transformation chimique de l’environnement qui pourrait avoir de lourdes conséquences. 

Les poissons peuvent subir des transformations hormonales car ils sont les premiers à être exposés à ces substances chimiques. Le mérou, par exemple, est censé changer de sexe en grandissant ; cette transformation naturelle de son évolution biologique pourrait ne plus se produire à cause de cette exposition aux substances chimiques médicamenteuses. Pour les poissons d’eau douce, c’est un changement inverse qui se produit, puisqu’ils risquent de changer de sexe à cause des rejets de médicaments contraceptifs, alors qu’ils ne le devraient pas. 

Les stations d’épuration : une surprenante source de pollution par les microplastiques (Août2018) : https://www.unenvironment.org/fr/news-and-stories/recit/les-stations-depuration-une- surprenante-source-de-pollution-par-les  

Les pollutions par les rejets en mer des STEP (1971): https://www.shf-lhb.org/articles/lhb/pdf/1971/08/lhb1971056.pdf  

Pays Basque 2017 : le traitement des eaux usées rejetées en mer est insuffisant.

Deux émissaires sont visés : celui de Biarritz-Milady et celui de l’Uhabia à Bidart. Voir la vidéo : https://www.youtube.com/watch?time_continue=149&v=QfNcTsRGVIo  

Effets endocriniens des contaminants en milieu marin :

Direction de l’Environnement et de l’Aménagement Littoral Département Polluants Chimiques Effets endocriniens des contaminants en milieu marin Blandine MEUS Gilles BOCQUENÉ https://archimer.ifremer.fr/doc/00076/18758/16328.pdf  

L’état actuel des connaissances dans le domaine de l’écotoxicologie a mis en évidence la présence de contaminants ayant la capacité de perturber la régulation des hormones endogènes des espèces aquatiques et ainsi de modifier et d’altérer les mécanismes endocriniens et la fonction de reproduction.  

Des interrogations sur des pollutions diffuses

Une pollution permanente en mer :

  • L’étang du Prévost a été touché par une pollution Escherichia Coli et déclassé en catégorie C pour trois ans. La station d’épuration MAERA est pointée du doigt.

On peut s’interroger : Si la station MAERA est à l’origine de cette pollution, cela signifierait la mise en cause de la fiabilité du process de cette station ou du réseau ou des deux. 

A cause d’une pollution, les compagnons de Maguelone suspendent leur activité : https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/herault/montpellier/herault-cause-pollution-compagnons-maguelone-suspendent-leur-activite-1647218.html  

https://www.francebleu.fr/infos/agriculture-peche/les-compagnons-de-maguelone-victiment-d-une- pollution-de-l-etang-du-prevost-1553766678  

https://www.francebleu.fr/infos/agriculture-peche/les-compagnons-de-maguelone-veulent- comprendre-1559891678 

Après l’arrêt de leur activité conchylicole les Compagnons de Maguelone veulent comprendre l’origine de la pollution de l’étang du Prévost qui a été touché par une pollution Escherichia Coli et déclassé en catégorie C pour trois ans.

La rumeur publique pointe du doigt la station d’épuration MAERA. Le Sous-préfet, Philippe NUCHO reconnait l’existence « d’une ou deux fuites sur la conduite de MAERA… qui ont été corrigées » 

Connexion de villes hors Métropole :

Montpellier Métropole a fait connecter des villes « même hors Métropole » alors qu’elle avait la connaissance que la station MAERA n’était pas en capacité à répondre aux besoins dans des conditions acceptables. Pourquoi ?

En ayant travaillé toute ma carrière professionnelle dans le secteur privé, si j’avais pris de telles décisions, j’aurais été immédiatement licencié.  

Si ce projet d’extension de MAERA se réalise, la pollution dite « INVISIBLE » avec les flux quotidiens de micropolluants tels que les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), les alkylphénols ainsi que certains résidus de médicament, métaux lourds ou pesticides en mer, la pollution sera au moins aussi importante et certainement supérieure à aujourd’hui.

Ces pollutions ne semblent pas gêner certains élus, or ces rejets dans les milieux aquatiques ont des conséquences sur l’environnement et la santé humaine. Ils peuvent altérer le développement et la reproduction de certaines espèces en modifiant leur équilibre hormonal avec des risques de contamination de la chaîne alimentaire. 

Le risque Inondation 

  •   Extension en zone inondable non protégée :

La Commune de Lattes centre est bâtie dans le champ d’expansion des crues du Lez et de la Lironde, elle est très urbanisée et inondable à la fois :

  •   par des débordements des cours d’eau,
  •   par la remontée de la nappe phréatique,
  •   par la remontée des étangs,
  •   par le ruissellement du pluvial

  On peut constater :

  • La diminution, voire la suppression, des zones naturelles d’expansion des crues;
  • l’élévation du niveau des terrains en bordure du Lez ;
  • l’imperméabilisation des sols par l’importance des surfaces bâties, en particulier depuis la fin des années1980;
  • les impacts des différents ouvrages (doublement autoroute A9, Ligne LGV) ;
  • la modification ou l’absence des pratiques agricoles, avec notamment des parcelles conduisant à l’imperméabilisation des sols ;
  • la conjonction d’une inondation en amont avec l’élévation du niveau marin et des étangs en aval ;
  • l’importance des surfaces bâties et l’aggravation des Inondations et de la vulnérabilité des biens et des personnes ;
  • les effets négatifs suite au dérèglement climatique qui est en cours ;
  • La culture du risque qui n’est pas toujours prise en compte.
  • Les études réalisées du bassin versant du Lez :

Suite au rapport de Monsieur Philippe QUEVREMONT de Inspection Générale de l’Environnement de Juillet 2006, indique la nécessité de la réalisation de travaux de protections de la ville de Lattes par le confortement des digues du Lez à 600m3/s et la création du Chenal de la Lironde pour délester une partie des eaux jusqu’à 200m3/s dès que le Lez dépasse 450m3/s (400m3/s lors de sa réalisation). Il demande par ailleurs que ses recommandations soient validées.

L’avis de la conférence des trois points soumis par l’IGE de Septembre 2007, permet une conclusion sur l’estimation de la crue centennale en amont de Montpellier Lavalette à 700m3 et 900m3 au droit de l’A9.

Si ces données permettent de protéger et donner bonne conscience aux élus et services de l’Etat, il n’en demeure pas moins que ce rapport traduit une vision plutôt simplificatrice sur la réalité de l’hydrologie de ce bassin, lequel n’a pas permis à la conférence scientifique d’obtenir un résultat conclusif.  

➔ Point 1 Estimation d’une crue centennale à l’amont de la zone urbaine :

Ce bassin est très complexe car les incertitudes des experts sont supérieures aux certitudes.

Une étude sur la contribution du karst indique qu’il peut constituer plus d’un tiers du volume de la

crue et multiplier les débits de pointe par un facteur deux (source : H. Jourde, 2007)

Les experts concluent qu’il est impossible de trancher précisément sur la valeur « fiabilisée » du débit centennal du Lez à Lavalette» mais l’estimation retenue sera de 700m3/s.

 ➔ Point 2 : Les apports de la zone urbaine de Montpellier ?

Bassin intermédiaire : Aval de Lavalette = 50 km2 entre les stations de Lavalette et Garigliano Je constate que, là encore, les incertitudes des experts sont grandes puisque :

Ils s’accordent sur le peu d’informations disponibles sur le sujet ;

    •   ils sollicitent les services de l’agglomération (alors que l’Agglomération, après avoir amélioré la sécurisation du Lez par l’importance des travaux contre les inondations, aggrave maintenant les risques des crues par l’extension des surfaces bâties de Montpellier sud vers la mer);
    •   les apports hydrologiques urbains du Verdanson sont réduits à son débit minima d’embouchure alors que le rapport de 2006 évoque un cumul possible d’une valeur supérieure au double ;
    •   les apports du Verdanson sont oubliés et sauf erreur ou omission de ma part, l’apport de la Lironde de la mer (ancien Lez antique) et d’une partie du pluvial n’est pas pris en compte;
    •   le Lez se situe sur la trajectoire des mouvements violents selon MÉTÉO FRANCE. Elle indique même, qu’un épisode type septembre 2002 ou septembre 2005 sur le Gard est donc possible et probable sur l’Hérault, par simple décalage des centres d’actions des pluies ;
    •   les impacts des surélévations des terrains par la ville de Montpellier (Rimbaud, Hôtel de Région, Richter…) et les aggravations par les surfaces bâties antérieures, en cours et à venir ne sont pas toutes prises en compte. 

➔ Point 3 : Comment peut-on estimer la concomitance d’événements pluvieux importants sur le bassin aval (zone urbaine) et des crues affectant le bassin amont ?

Une fois de plus, l’analyse des experts est assez contradictoire :

    •   Avec l’avertissement de Météo France sur l’intensité des précipitations de type aléatoire et même probable sur ce bassin ainsi que l’importance des ruissellements;
    •   De l’apport de la Lironde de la mer qui ne parait pas être comptabilisé ou peut-être sous-évalué (s’il est cumulé avec d’autres apports);
    •   Il y a conflit avec l’étude de Philippe QUEVREMONT de 2006 sur les apports de la partie aval du bassin (en fin de son rapport, en page 33 : il nous précise que «Lattes, une fois le projet de protection réalisé, ne serait protégée que jusqu’à des événements naturels d’occurrence moyenne, inférieurs à la crue centennale».
    •   Les accélérateurs de crues à partir des surélévations des terrains, des surfaces bâties et des surfaces imperméabilisées ne sont pas documentés, par exemple : l’ancien stade Richter (en contrebas de la route d’environ 1,5 mètres et qui a servi partiellement de bassin de rétention lors de la crue référence de septembre 1976) est devenu un accélérateur de crues depuis la construction de la faculté des sciences économiques au-dessus, dont le bâti dépasse la route de 80 centimètres) …

« Les experts s’accordent à dire qu’il n’est pas possible, dans l’état actuel des connaissances du bassin à partir des études disponibles, de fournir des éléments scientifiques fiables et suffisants pour quantifier le risque de concomitance entre les deux pointes de crues (non prise en compte de la concomitance des apports du Verdanson «par seulement deux experts ?) ».  

« Dans ces conditions, la conférence scientifique des experts de 2007 n’est pas conclusive sur le débit aval du Lez à l’A9 ».  

Informations des impacts du projet A9 ASF : En cas de crue centennale du Lez et de la Lironde, les écoulements dans le secteur de la Céreirède s’écoulent dans la plaine.

La RD 986 dans le sens Lattes/Montpellier est inondable dès la crue centennale, le terre-plein central faisant obstacle dans l’autre sens. 

Les soucis et recommandations des Préfets pour la prévention des inondations : 

En Mai 2010, au Palais des Congrès du phare de la Méditerranée à Palavas-les-Flots, Monsieur le Préfet BALLAND avait promis « d’étudier parcelle par parcelle » le territoire constructible sous l’œil très inquiet de nombreux élus. Après la tempête Xynthia à La Faute-sur-Mer, les services de l’Etat du Languedoc-Roussillon ont accepté une mission impossible : prévenir le risque localement.

Face au changement climatique et aux phénomènes extrêmes, la côte héraultaise doit se préparer. Une étude aurait chiffré à 15 milliards d’euros le risque de la submersion marine à l’horizon 2100, si rien n’est fait en Languedoc-Roussillon.  

Le préfet de la région Languedoc-Roussillon, Monsieur Pierre FLORIAN DE BOUSQUET en 2013 a lancé un cri d’alerte lors de la conférence régionale de prévention des inondations. Il annoncera que seule une démarche radicale peut sauver la région d’une catastrophe. « Ça coûtera moins cher de reculer. Une crue centennale, c’est des milliards de ruines. On ne gagnera pas toujours contre la mer. Il vaut mieux quelques reculs stratégiques, aider à relocaliser les activités. Le coût, sinon, serait bien plus élevé que ces relocalisations. Même si c’est vrai qu’il faut pouvoir répondre à ceux qui nous demanderont de les aider à reconstruire. »

La réglementation va être durcie …  (! ?)

Nous sommes devant des risques de submersion dus à la montée des eaux par surélévation du niveau marin et des étangs lors de tempêtes. Sous l’effet du vent de la dépression atmosphérique ( avec un grand vent d’Est ) cumulé avec des pluies torrentielles, l’écoulement des cours d’eau qui seront ralentis et/ou bloqués pourraient provoquer des dégâts très importants.

Depuis plus d’un siècle, six grandes crues du Lez ont été recensées : en octobre 1891 et 1907, septembre 1933, décembre 1955, septembre 1963 et 1976.

Six nouvelles crues ont été enregistrées plus récemment, en décembre 2002 et 2003, en septembre 2005, les 29 et 30 septembre 2014, le 23 août 2015 et le 4 novembre 2015. 

Conclusion sur les problématiques des inondations de Lattes :

Quelle fiabilité peut-on accorder à cette dernière étude demandée par l’IGE de 2007 puisqu’elle n’est pas conclusive ? Par ailleurs, elle ne prend pas en compte l’aval du Lez jusqu’à son exutoire à Palavas-Les-Flots dont les risques sont concomitants avec l’élévation du niveau marin et des étangs avec une crue en amont.

Les effets aggravants du changement climatique ne paraissent pas être pris en compte non plus ? Conformément au rapport de l’étude de Monsieur Philippe QUEVREMONT (p. 33) et les effets anthropiques suite aux conséquences des surfaces bâties, le risque d’inondation pour Lattes Centre et du quartier de la Céreirède (emplacement de MAERA), apparait comme inondable dès que le niveau d’eau du Lez sera supérieure à une fourchette comprise entre 750 et 800 m3/s. La commune de Palavas-les-Flots subirait également de graves inondations.  

MAERA se situe sur une zone inondable : Zone rouge de précaution RPC – RPD1.

Le PPRI de Lattes du 6 Juin 2013 indique qu’il faut préserver les zones d’expansion de crue faiblement urbanisées et interdire tout projet susceptible d’aggraver le risque existant ou d’en provoquer de nouveaux.

L’implantation d’une station d’épuration ou son extension en zone inondable est interdite ou doit donc être considérée comme dérogatoire et motivée par une étude technico-économique permettant d’écarter les alternatives de construction en zone inondable.

Le maître d’ouvrage doit donc inclure dans son dossier, loi sur l’eau, un document d’analyse qui montre :

-qu’il a effectivement recherché un site alternatif hors zone inondable, (jusqu’à preuve du contraire, ce n’est pas le cas)

-qu’il a procédé à une analyse avantages/coûts comparative des sites potentiels, (ce qui me parait

non justifié et même non justifiable)

-que son projet prend en compte l’inondabilité du site choisi, à la fois quant à l’effet des inondations sur la future installation, et quant aux effets de l’installation sur les crues (jusqu’à preuve du contraire, ce n’est pas le cas).  

Qualité de l’air :

  • Le quartier de la Céreirède, un site déjà très pollué par la proximité de deux autoroutes et la ligne LGV. Est-il admissible de vouloir additionner d’autres pollutions sur cette même zone ?  

Selon la Commission Européenne la ville de Montpellier est pointée doigt pour ses pollutions, elle fait partie des 14 grandes villes les plus polluées. https://www.liberation.fr/planete/2018/05/17/qualite-de-l-air-la-commission-europeenne-poursuit- la-france-en-justice_1650709  

Cette décision n’est pas une surprise. Le 30 janvier, Karmenu Vella, le Commissaire européen chargé de l’environnement, avait reçu Nicolas Hulot et ses homologues de huit autres pays européens lors d’un sommet ministériel sur la qualité de l’air. Il leur avait accordé un dernier délai pour présenter un plan d’action pour réduire la pollution de l’air. Le ministre de la Transition écologique avait présenté le 13 avril la «feuille de route» concernant les quatorze zones critiques : Ile-de-France, Marseille, Nice, Toulon, Lyon, Grenoble, Saint-Etienne, Valence, vallée de l’Arve, Strasbourg, Reims, Montpellier, Toulouse et la Martinique. https://www.lemonde.fr/pollution/article/2018/05/17/pollution-de-l-air-bruxelles-renvoie-la-france- devant-la-cour-de-justice-de-l-union-europeenne_5300331_1652666.html  

DES CHOIX CONTESTABLES SUR LES VILLES CONNECTEES  

Pourquoi avoir connecté la Ville de CASTRIES ?

Voilà les questions posés au Vice-président de Montpellier Métropole eau et assainissement, par courriel du 30 Juin 2016 (pas de réponse) et au Président de Montpellier Métropole, Monsieur Philippe SAUREL, le 6 Juillet 2017 à Lattes, le 28 Mars 2018 à l’hôtel de la Métropole, je peux même ajouter celles de la réunion présentée par la commission d’enquête publique à Lattes du 10 Juillet 2019 (elles sont toujours en attente de réponses ?).  

  •  En faisant encore grossir « Maera », n’additionne-t-on pas les problèmes de gestion et les risques techniques de cette station ? 
  •  N’anticipons nous pas l’aggravation quantitative des pollutions en mer ? 
  •  N’orientons nous pas vers des problèmes techniques en cas d’inondation puisque cette station est en zone inondable (zone rouge) et non protégée ? 
  • N’orientons nous pas vers des formations de sulfure d’hydrogène (H2S) dans la canalisation au regard de la distance (environ 12kms) qui séparent Castries à Maera, surtout avec la faible pente lors de la traversée de Montpellier ? Qu’elle est l’évaluation de l’impact olfactif ?  
  • N’orientons nous pas vers une maintenance coûteuse des infrastructures et canalisations ? 
  •  Est-ce que le principe de développement durable ou d’économie circulaire seront appliqués s’il n’y a aucun retour sur investissements alors que la réutilisation des eaux peut très facilement s’appliquer et répondre à un besoin de proximité, là où le besoin existe?  
  •  Ne serait-il pas plus judicieux d’envisager la création d’une station d’épuration performante par secteurs géographiques stratégiques (villes de proximité) et dont la capacité serait de 50 000 EH (avec une extension possible jusqu’à 100 000 EH, si nécessaire). Elles permettraient les meilleurs recyclages des eaux en fonction de l’évolution des technologies. Le traitement final en complément de chaque station serait assuré à partir d’une opération, soit industrielle ou par un procédé de Phytoremédiation et/ou de phytorestauration (traitement à partir de jardins filtrants).

L’importance sur le choix de la filière de traitement qui serait préféré en fonction des critères «rapport coût / efficacité » de chaque procédé. 

La rénovation de la station d’épuration de Castries aurait eu l’avantage majeur d’assurer une ressource complémentaire à moindre coût et une alternative pour une utilisation de proximité tout en permettant de préserver les ressources naturelles.  

Quels auraient été les avantages de cette rénovation ?  

  • Assurer une ressource fiable de proximité, disponible et indépendante des sécheresses pour l’irrigation et des usages industriels. 
  • Anticiper les effets du changement climatique et l’éventuel besoin de mobiliser d’autres ressources en eau. Eviter les coûts de développement, du transfert et de pompage par d’autres apports ou du transport de l’eau sur une longue distance.  
  • Réduire ou éliminer l’utilisation des engrais chimique en irrigation. 
  • Assurer des revenus complémentaires (retour sur les investissements et création d’emplois) grâce à la revente de l’eau recyclée et des produits dérivés (les phosphates… )  
  • La valorisation environnementale et foncière des terrains irrigués 

Quelle est mon appréciation de ce projet : 

    • un projet d’extension qui ne permet pas de répondre à toutes les corrections des problématiques de cette station ( au mieux se sera une amélioration provisoire) ;
    • une absence d’anticipation et de prévision des besoins malgré de nombreux dysfonctionnements ;
    • un choix hasardeux et risqué de ce site pour une extension ;
    • un choix financier contestable ;
    • les odeurs (de sulfure d’hydrogène, H2S) seront toujours présentes, ne serais-ce que par la longueur et/ou de la faible pente des canalisations des eaux usées à partir des postes de refoulement dont le traitement et l’entretien du réseau demeure très coûteux.
    • le danger environnemental et de santé publique pour les riverains restera présent ;
    • l’absence d’étude pour un autre choix de projet en lieu et place de la seule extension de la station actuelle ;
    • le raccordement de plusieurs communes hors territoire Métropolitain, mais également celui de la Commune de Castries avec centralisation du traitement des effluents sur un site à risques ;
    • Moins de 400 000 équivalents habitants sont connectés à MAERA (avec cinq villes hors Métropole) pour une capacité annoncée de 470 000 EH. Pourquoi une extension ?

Sauf erreur ou omission de ma part, aujourd’hui, moins de 30 Millions de m3 d’eau sont traitées et facturées alors que la possibilité actuelle de MAERA devrait pouvoir traiter 47 Millions de m3 soit une possibilité de progression de + 35%.

    • Le PLU de la Commune de Lattes est non compatible avec l’extension proposée par rapport à la situation géographique de MAERA ( en zone inondable) et d’autre part la partie des surfaces bâties de l’extension ne respecte pas le coefficient d’emprise au sol (limite des 25%). 

CONCLUSION

Les enjeux sont mal évalués et les objectifs ne répondent pas aux vrais besoins. L’intérêt général ne me parait pas être pris en compte, le risque d’inondation est minimisé, les coûts sont très importants et les pollutions seront toujours présentes.

 

Lattes le 3 Septembre 2019
Jacky CHANTON

P.S. : L’ODAM présente ses excuses concernant les sites internet cités dans ce billet dont les adresses ne sont plus valables et sont devenus inacessibles. Pourquoi ?

 

 




Lettre à Mme Jackie Galabrun-Boulbés

Nouveau logo carré
Nous vous invitons à lire la correspondance qu’envoie M. Jacky CHANTON à Madame Jackie GALABRUN-BOULBES, Maire du village de Saint-DREZERY et 1ère Vice-Présidente de Montpellier-Métropole (3M). C’est clair, net et précis, sans détours, M. CHANTON clame son opposition (et la notre bien sûr) à ce projet d’extension.

Raymond Gimilio
Président de l’ODAM

cropped-logo-fond-bleu-clair-1.jpg
ici_on_s-honore_du_titre_de_citoyen




Maera : virage à 180°

Nouveau logo carré

Info

On change de fusil d’épaule ? On vire à 180 °.

Dans la MMag n° 36 de mars 2018, il est question de la réunion du 28 mars à 15h, la 2e réunion de concertation « pour le projet d’extension de la station d’épuration Maera qui se tiendra … » à l’hôtel de la Métropole. Le projet sera consultable du 1er au 31 mars dans 19 communes et au-delà (Assas, Teyran, Mauguio, Carnom et Palavas-les-Flots.

Dans le Midi-Libre du dimanche 25 mars 2015, changement complet. Une réunion publique (Montpellier) « Projet de modernisation de la station d’épuration Maera, mercredi 28 mars à 15h, hôtel de la métropole … ». voyez l’image ci-après.

Le site internet de Montpellier-Métropole indique bien « modernisation » et non « extension ». De même que le dossier téléchargeable ne porte AUCUNE mention des communes supplémentaires à raccorder mais détaille les travaux de modernisation ! Enfin, la sagesse aurait-elle gagné nos dépensocates ?

cropped-logo-fond-bleu-clair-1.jpg

Le président

Raymond  GIMILIO

sego4-150x150




Maera : quelle concertation ?

201904072045

Montpellier-Métropole annonce une réunion publique concernant la station d’épuration MAERA :

Mercredi 28 mars à 15 heures

Hôtel de la Métropole Salle Pelloutier 50 place Zeus 34000 MONTPELLIER.

Venez nombreux .

Projet d’extension vue aérienne




Maera : la STEP épure insuffisamment

Nouveau logo carré

Info

Un communiqué de presse de trois associations de défense de l’environnement et des consommateurs a été émis le 16 mars 2018 concernant la « Concertation publique préalable sur le projet d’extension et d’adaptation de la station d’épuration Maéra ».

Cette concertation intervient quand Montpellier-Métropole voulait faire passer une pseudo-concertation sur un projet bien ficelé et déjà prêt, présenté comme ayant fait l’objet d’une concertation !  Il y a quelques jours, il était question d’investir pour raccorder des communes extérieures à la Métropole : Teyran, Assas, .. ou au sud Mauguio, Carnon et Palavas ! (MMMag n° 36, mars 2018). Il fallait investir des centaines de milliers d’euros pour attirer des communes extérieures !

A chacun ses déchets, à traiter au plus près de leur source. Assez de méga-réalisations qui ne satisfont que les grands industriels de la branche. Des petites stations de communes voisines fonctionnent parfaitement avec des vers de terre comme agents consommateurs des DBO et des DCO ! Le rejet des eaux traitées se fait directement dans une rivière voisine ! Assez de méga-stations, faisons marcher correctement ce qui existe !

Métropole d’abord, les autres : on verra plus tard. Raccorder des communes du nord du département de l’Hérault, au nord ou au sud de Montpellier, il faut poser des tuyaux ! Ca coûte de l’argent, beaucoup d’argent. Qui nous garantit que des miettes ne tombent pas de la table du festin dans des poches mal identifiées ?  C’est tout vu : il faut amélierer d’abord notre station Maera : elle est là, elle existe !

Cette vielle Cereide existait, elle était là, bien avant 2004 ! Elle a été modernisée améliorée par Véolia et a cessé de rejeter ses effluents mal épurés dans le Lez. Une amélioration mais ça n’était pas suffisant.

Maéra de Véolia rejette en mer, à 13 km en mer. L’eau qui sort de Maéra et qui emprunte les 13 km de l’émissaire, se déverse au large de Palavas, dans le golfe d’Aigues-Mortes. Les eaux qui sortent de maéra sont loin d’être de qualité baignade. La zone autour de la sortie de l’émissaire est interdite d’approche. Qui peut nous affirmer que l’eau est épurée à 95% et qu’elle est bactériologiquement pure ? Qui peut nous montrer où sont les batteries de lampes ultra-violettes destinées à stériliser les eaux rejetées au large ? Qui peut affirmer que l’effet de dilution des effluents ainsi traités sont de qualité baignade ? Qui fait la sourde oreille quand Jacky Chanton, secrétaire et vice-Président de l’ODAM, actif lattois et soutenu par l’ODAM et le CIDES34, exige la mise en place de jardins filtrants de roseaux, joncs, … pour épurer l’eau grise qui sort de Maéra ? Le gaspillage de l’eau mal épurée rejetée en mer au nom d’un principe criminel de dilution de la pollution dans l’environnement maritime est il acceptable ?

Car il y a l’invisible. Qui parle des micropolluants qui filent au large de Palavas et impactent la flore et la faune marine ? Nous n’avons rien lu à cet effet dans le dossier de concertation ! Oualou, nada, niemals, … ! Pourtant les micropolluants existent :

  • ectasy et autres drogues,
  • résidus de médicaments rejetés dans les urines et les déjections dans les cabinets d’aisance (WC),
  • perturbateurs endocriniens de touts poils et acabits,
  • éléments radioactifs,
  • métaux lourds,
  • etc. la liste est longue !

Les poissons et les organismes marins qui filtrent l’eau de mer et vivent dans ces eaux concentrent dans leurs organismes ces substances. Qui s’inquiète de la diminution des populations d’anchois et de sardines au large de Carnon, Sète et Palavas et qui impacte l’activité économique des pêcheurs ? Celui qui rejettes ses « conchonstés » dans l’écosystème du voisin est coupable de la pollution quil met « sous le tapis » !

Alors, Monsieur le président de la métropole et maire de Montpellier, messieurs les maires des communes membres de la métropole et leurs représentants, répondez quand nous vous interrogeons ! Renseignez vous car en votant les projets démentiels d’invitation à d’autres à se raccorder avant d’avoir réglé nos problèmes, commencez par écouter la voix des citoyens !

Pour le CA de l’ODAM, le Président
Raymond GIMILIO
Certifié en chimie systématique
Diplômé d’études approfondies d’Ecologie et Docteur en science biologiques
Ingénieur de recherches (ER) du CNRS
Chevalier du mérite agricole

cropped-logo-fond-bleu-clair-1.jpg

Le président

Raymond  GIMILIO

sego4-150x150




Maera : mauvaise pioche !

Nouveau logo carré

Maera est une station d’épuration dont nous avons affirmé qu’elle n’épurait pas les eaux usées correctement et qu’elle déversait au large de Palavas, dans le Golfe d’Aigues Mortes une eau en apparence épurée mais contenant de dangereux micropolluants dont des perturbateurs endocriniens. Le Collectif d’associations de protection de la nature et des usagers de la baie d’Aigues-Mortes (CAPNUBAM) ne cesse de dénoncer cette pollution. Nous sommes toujours pour éviter au maximum que Montpellier et sa métropole soient des entités vertueuses qui n’envoient pas la pollution à l’étage du dessous (en aval) et traitent correctement leurs eaux usées (effluents) et leurs déchets.

Inondations avril 2017 à Montpellier

MMmag n° 35 proclame le contraire !

cropped-logo-fond-bleu-clair-1.jpg

Le président

Raymond  GIMILIO

sego4-150x150




Ecoblanchiment : MMMag communication

Nouveau logo carré

Sommes nous dans l’erreur si nous affirmons que le luxueux magazine « MMAG » édité par la métropole n’est pas un média d’information mais un outil de propagande ? Il suffit pour s’en convaincre de lire attentivement les différents numéros, chaque mois de ce papier imprimé de grand luxe (format 22,5×33, papier glacé). Si le lecteur comptait le nombre de fois où on parle du maître des lieux et du quart de page supplémentaire attribué à son groupe majoritaire « ils s’expriment », sans compter les articles signés des différents vice-Présidents et tutti-quanti, où est la démocratie participative et de proximité ? M. Max Levita a droit à 2 pages généralement plus un quart de page supplémentaire ! Ridicule !

Du temps de la défunte Association des Contribuables de l’Hérault (MartineOutais-OutaisMartine ?), nous tirions à boulets rouges sur les dépensocrates en les menaçant sur l’air de la Carmagnole-Ah ça ira, ça ira, ça ira « les dépensocrates à la lanterne » !

cropped-logo-fond-bleu-clair-1.jpg

Le président

Raymond  GIMILIO

sego4-150x150